12/10/2013 - Sesriem et Sossusvlei

Publié par David, le 18 Octobre 2013

Ahhahahh, enfin ! Enfin ! On attendait ce moment depuis longtemps, le dernier vrai rendez-vous clef du voyage : les dunes mythiques de Sossusvlei ! Les superlatifs manquent forcément pour décrire la beauté magique de cet endroit, les dunes les plus belles, les plus hautes, les plus rouges du monde ! Un moment fort, après Bazaruto au Mozambique, le Serengeti en Tanzanie, les chutes Victoria, l'Okavango au Botswana. Le beau temps est de la partie, c'est bon ! Yes yes yes !

Le premier soir donc, coucher de soleil à la dune Elim, pas loin du camping de Sesriem, on peut même y aller à pied en 20min. De cette dune, on a une belle vue à l’est sur la chaîne de montagne alors rougeoyante, avec en contrebas les prairies aux herbes dorées et jonchées de fiers oryx ; tandis qu’à l'ouest, le regard se perd dans le prolongement infini de la dune. Le soleil se couche, mais Pec n’a pas ré-apparu de son échappée en haut de la dune à la poursuite des derniers rayons … on a un moment d'inquiétude, car il n'était pas du tout en forme aujourd'hui, et tout peut arriver. Il ré-apparait alors qu'on le recherche en s'époumonant depuis 10min déjà : il se fait remonter les bretelles :-).

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Le lendemain matin, lever à 5h car la porte ouvre à 5h30, ce qui d’ailleurs est un peu juste pour faire le lever de soleil à Sossusvlei - si on respecte les limitations de vitesse. Tout d’abord, qu’est-ce que c’est Sossusvlei, ou « Saucisse Vieille » comme dit ma maman qui a mal compris au téléphone ? C’est un désert de sel (un salar) et d’argile, consistant en un oued pénétrant d’environ 60km dans la mer de dunes, en fait jusqu’à ce que celle-ci ne le stoppe définitivement d’un mur de sable infranchissable. Les dunes de se sont formées par l’accumulation de grains de sable transportés par les vents d’est sur des distances assez considérables, parfois depuis l’intérieur du Kalahari. Ces sables proviennent de l’érosion de grès anciens, et leur couleur rouge est due à la présence de fer ferrique. L’accès au site se fait suivant la vallée creusée par la rivière Tschauchab. Il aura suffi qu’elle soit asséchée un temps pour que le sable s'y engouffre sans être drainé par les eaux de la rivière : résultat, la rivière s’est retrouvée barrée par les plus hautes dunes du monde. Et Sossusvlei, c’est là, au bout de l’impasse. On y trouve aussi des pan encerclés par des dunes, le plus connu de ces salars étant Dead Vlei.

Nous voilà donc en train d’avaler les 60 km de bitume, parmi une petite procession de voiture, tel des adorateurs d’une secte se dirigeant vers son lieu de sacrifice. A la lumière des phares, et avec les premières lueurs de l’aube, on distingue de nos yeux bouffis de fatigue les remparts de sable fantasmagoriques aux contours flous, ces dunes majestueuses qui s’élèvent, nous entourent et nous guident vers ce qui semble être l’unique voie possible. Ce trajet, c’est une sorte de pèlerinage. On part dans l’obscurité, et peu à peu la beauté se révèle à nous, doucement, éclôt. Comme une révélation, mais en moins brutal ; ce n’est pas quelque chose d’imposé, ça vous enveloppe petit à petit. Je crois que ma religion, c’est ça. On a la sensation d’être dans un rêve où des décors fabuleux émergent du brouillard. Justement, y en a qui pioncent méchamment à l’arrière quand même, ça coupe mon élan lyrique. Je ne donne pas de noms mais ils se reconnaîtront !

C’est à Dead Vlei qu’on a décidé de faire le lever de soleil. Beaucoup de touristes choisissent plutôt de grimper sur la célèbre dune 45, plus proche de Sesriem. Car après les 60 km de goudron, il nous reste encore 5km de 4x4 dans une piste assez sableuse, puis ensuite 1km de marche. Pendant ce temps, les dunes commencent à se parer de belles couleurs rosées. Vite ! Dead Vlei (= marais mort) est un pan situé en face de Sossusvlei (côté Sud), et il n’est pas relié au lit de la rivière, étonnamment. Il s’est en fait formé à la faveur d’une inondation, permettant à des acacias du désert d’y prendre vie - pendant un temps du moins. Au-dessus du vlei s’élève Big Daddy, dominant la zone du haut de ses 325m de sable orange. En contrebas, Dead Vlei, cette étendue craquelée au sol blanchâtre salin, contrastant d’une part avec le noir des troncs d'arbres brûlés par un soleil sans pitié pendant des centaines d’années, et d’autre part avec les murs de sable rouge des dunes qui le bordent et le protègent. C’est particulièrement magnifique aux lever et coucher du soleil (au coucher il y a plus de vent en général), car la vallée est orientée est-ouest et les dunes sont de part et d'autre. Dès 8h les couleurs se font plus grillées, et à partir de 10h-11h la chaleur est écrasante. Le décor perd alors de sa magie, surtout quand il est envahi par les touristes arrivant par cars entiers, vers 9h. Nous, on en profite bien, on fait des super photos, il y a seulement quelques rares touristes, et quand les cars arrivent on part. Probablement ont-ils fait l'ascension de la dune 45 avant : celle-ci, la plus célèbre du site, est très photographiée, mais malheureusement – à notre avis - victime de son succès. Il se trouve toujours des cars et des voitures stationnés en bas de celle-ci, des nuées de touristes devant et dessus, ce qui la rend moins attrayante. En effet, rien ne vaut le fait d'avoir ces paysages pour soi seul.

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L’après-midi est dédiée au repos au bord de la piscine du camping, on en a tous bien besoin ; et à l’observation contemplative des oryx et springboks qui circulent librement d’emplacement en emplacement. Puis, alors que le soleil décline, on se refait un vol avec Fanny, 45min au-dessus de la zone, tandis que Clo et Pec préfèrent un deuxième coucher de soleil à la dune Elim. Le survol est encore une fois super, mais en fait, il vaut mieux le faire le matin pour la lumière. Cette fois, on n’est pas malade du tout (!). Le vol permet d’admirer d’en haut le petit canyon de Sesriem, les belles courbes de la dune 45, les « fairy circles » (visibles d'en bas en fait aussi) qui sont des énigmatiques cercles sans végétation, et bien sûr la mer de dunes et Sossusvlei. Ça fait assez bizarre de donner du pourboire au pilote blanc. Maintenant qu'on sait qu'ils ne gagnent pas grand-chose, grâce à la discussion avec Christian, on hésite moins.

On rejoint ensuite Clotilde et Pec à pied, en faisant quelques photos d'Oryx avec les montagnes joliment éclairées en arrière-plan, et Fanny découvre même un scorpion. J’aurai peut-être pas dû y aller en tong. Le soir, comble de l’horreur, on découvre des colonnes de centaines de chenilles terrifiantes, attirées par la lumière et bizarrement par nous-mêmes. Super, on avait mis notre tente sous l'arbre, et c'est de là qu'elles viennent … On finit cette journée en beauté en fêtant l'anniversaire de Fanny en avance, avec le gâteau acheté par Clotilde et Pec.

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Le lendemain, Clo et Pec nous quittent mais en fait, on compte bien les recroiser le surlendemain. Nous, on se lève à nouveau à 5h pour un deuxième pèlerinage : cette fois, c’est pour le lever de soleil à Sossusvlei sur Big Mama. Nos proches seront étonnés de constater que quand on est motivé, on n’hésite pas à se lever tôt, nous qui avons du mal en France ! La route est toujours autant scénique du km 35 jusqu'à Sossusvlei . On est en 9ième position dans la file de voiture attendant l'ouverture de la porte. Pas mal. Tous s'arrêteront à la dune 45, sauf une, qui va aussi monter la même dune que nous. Eux s'arrêtent au bout de 100m de montée, nous on va jusqu’en haut. Nous montons avec le soleil, en admirant le paysage pendant que l’on reprend notre souffle. C’est somptueux. On croise des oryx et autruches devant les dunes. Que demander de plus ? Pour tenter d’emporter avec nous tous ces souvenirs merveilleux, on récupère du sable à ramener en France. Retour au camping pour se reposer, encore une fois au bord de la piscine car il fait très chaud. A l’entrée du camping où l’on obtient sans problème un emplacement pour une nuit de plus, un couple de motards à l'allure de Robocop se voit refuser l'accès à Sossuvlei : c'est incompréhensible, mais en fait tous les parcs ont le même règlement (limite à 60km/h, interdit aux motos), règlement ici absurde.

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Puis vers 16h, 3ième pèlerinage : après une brève visite du canyon de Sesriem (pas sensationnel mais c'est à 5min), on y retourne, on est accroc ! On veut voir comment ça fait au coucher de soleil vers Sossusvlei. Eh ben, ça fait mal. Il y a un vent de malade (par ici il semble y avoir toujours du vent en journée - vers 10h, et le soir), le sable vole de tous côtés, nous fouette le visage, c'est la tempête au sommet des dunes. Malgré cela, c’est très beau, peut-être moins que le matin, comment savoir ? Il y a cependant le charme de la solitude, on est absolument seul, tout ça pour nous, c’est un sentiment de liberté tellement grisant ! On se fait l’observation que le sable s’apparente vraiment à de la neige, même structure, même comportement.

En assistant, seuls, à ce phénomène, on a tout d’un coup l’impression d’être comme des spectateurs indésirables, des intrus contemplant un spectacle quasi-religieux qui normalement ne souffre d’aucun témoin. On comprend alors que chaque jour ce rituel se répète, effaçant méthodiquement, inéluctablement, les traces impures des touristes, rendant à ce sable sacré sa virginité originelle. C’est le miracle de Sossusvlei. Mais les portes ferment à 19h50, et le soleil se couche à 18h50. C'est tendu pour nous ! En fait, c'est impossible à faire en respectant les limitations de vitesse (60km/h) sur la route goudronnée, mais depuis le premier jour ici, on n'a vu personne rouler en dessous de 80km/h ... il faut dire que cette limite semble absurde : partout dans le pays, les bonnes pistes sont limitées à 100km/h, voire 120 km/h, les mauvaises à 80km/h et ici, 60 km/h alors qu'il n'y a pas beaucoup d'animaux et que c’est du goudron.

Le dodo est bien mérité cette nuit, on quitte Sesriem demain matin, mais pas de réveil cette fois ! C'était sans compter les chenilles qui nous font un remake de film d'horreur, il y a des hordes redoutables qui convergent vers nous pour nous monter dessus, c'est flippant. On doit grimper en hauteur et se déplacer sans cesse pour avaler notre repas à l'abri. Heureusement, la tente de toit assure notre salut !

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