1 mois en Chine, le bilan
La découverte de l’Empire du Milieu fut surprenante, voire déroutante. Nous n’avions jamais vraiment tourné les yeux vers l’Asie, aussi l’idée que nous nous faisions de la Chine était un mélange entre imaginaire collectif et image véhiculée par les médias.
En 1 mois, nous avons traversé 5 provinces du Sud au Nord de cet immense pays. Nous avons expérimenté la plupart des moyens de transports (vélo, taxi, minibus, bus, métro, train, avion) et dans différentes classes de confort ; testé différents types d’hébergements ; mangé dans la rue et dans des catégories de restaurant très variées, fait nos courses du vendeur ambulant jusqu’au supermarché ; échangé des mimiques et parfois mêmes des paroles avec des chinois de différents milieux sociaux. Et bien sûr, admiré les temples et contemplé les paysages grandioses qui composent le décor de cette civilisation multi-millénaire.
Un pays moderne et individualiste
La plus grande surprise fut immédiate : nous nous attendions à un pays aux infrastructures peu développées et pas très organisé. Nous avons découvert un pays moderne, finalement peu différent des pays occidentaux sur ce point-là. Un pays en pleine expansion aussi, des quartiers entiers et des autoroutes aériennes se construisant tout d’un bloc à une vitesse fulgurante : le goût pour les travaux monumentaux n’est pas nouveau pour les chinois, de l’armée de terre cuite à la muraille de Chine en passant par la cité interdite.
La deuxième découverte fut de constater qu’en Chine, c’est chacun pour soi, alors qu’on s’attendait à l’inverse. Peut-être la conséquence d’une certaine uniformité et de l’individu luttant contre la masse. Les notions occidentales de respect de l’intimité ou de la tranquillité de l’autre, de comportement au sein d’un groupe, de courtoisie et de bonnes manières, tout ça, il faut l’oublier en Chine. Ici, on bouscule l’autre pour lui passer devant dans les files d’attentes, on crache de manière tonitruante dans les lieux et transports publics, on mange, on parle et on allume la lumière quand on veut dans les dortoirs, etc. Comme le dit Fanny, « ils ne vivent pas les uns avec les autres, mais les uns à côté des autres ».
Interactions avec les Chinois : difficiles
Pour ce qui est de nos interactions avec les chinois, elles ont été variables selon les provinces et les personnes. En plus de la barrière de la langue, il y a la barrière culturelle. Parmi les contacts que nous avons eu, les réactions à nos tentatives de communication ont été de 3 types :
- se débarrasser le plus vite possible de nous, soit en détournant simplement la tête, soit en faisant le signe non de la main, soit carrément en se barrant, tout ça sans rien dire. Pas vraiment agréable. C'est d'autant plus surprenant que cette réaction - la plus courante - était quasi systématique pour les gens dont le service est le métier (hôtel, transport, agences, guichet parc), sauf pour les régions du nord où les gens étaient globalement plus sympas.
- nous arnaquer (le plus souvent il s'agit de nous faire payer 2 fois le prix)
- faire un effort pour communiquer et pour nous aider. Ça nous est arrivé dans la rue, en particulier à Kunming, et dans les auberges de jeunesse, mais aussi régulièrement à Xia'an ou vers Pékin. Et c'était quasi-systématique avec tous les jeunes rencontrés, signe que le pays est en train de s'ouvrir.
Les particuliers, par opposition aux professionnels, ont toujours fait un minimum d'effort. Mais globalement, on ressent quand même une ambiance de "chacun pour soi", entre eux comme avec nous.
La Chine, c'est pas comme la France : en vrac
- Pour commencer, les nems c’est pas chinois, mais vietnamien
- Toutes les calculatrices parlent quand on appuie sur les touches
- Il y a des numéros de téléphones écrits partout sur les murs des maisons (publicité apparemment)
- Les chinois boivent énormément de thé et quasiment jamais d’eau (bouillir l’eau du thé la désinfecte)
- Il y a des distributeurs d’eau bouillante partout (gares, trains, hôtels, station-service, etc.)
- Il y a l’électricité et internet partout, même dans les coins reculés
- Les chinois adorent manger des concombres crus dans la rue et en randonnée, et des espèces de saucisses de porc sucrées au bout d’une pique
- Dans les hôtels sont souvent fournies des tongs, un kit brosse à dent/dentifrice, un peigne
- Les signes (langage corporel) sont différents en Chine : on compte avec une main, on fait non différemment, boire/manger ne se mime pas pareil, etc. C’est source de nombreuses incompréhensions …
- Les chinoises s’habillent très court (mini-short, jupes) mais les épaules restent couvertes. Elles adorent les motifs bien kitch et à fleurs. Il n’est pas rare d’en croiser en pyjama dans les transports ou au supermarché.
- L’usage du klaxon est intensif (toutes les 3s), surtout dans le Sud (pour avertir de sa présence).
- La Chine est un pays bruyant : bruits de la rue ou dans les transports, des lieux touristiques avec les hordes des groupes de touristes chinois : on couvre le bruit par le bruit
- Les chinois sont très consommateurs. Ils n’arrêtent pas d’acheter, des babioles en particulier.
- Les chinois n’ont pas le droit d’enterrer leurs morts, sauf les minorités. L’incinération est la règle.
- Les chinoisent adorent se faire prendre en photo avec des européens qui sont souvent sollicités
- Les toilettes publiques sont parfois … très conviviales : de type WC à la turque alignés sur une rigole commune et sans murs de séparation (et sans porte bien sûr).
- Les enfants en bas-âge portent des pantalons fendus au niveau de la raie des fesses (pour faciliter les besoins)
- Plus on va vers le nord, plus les gens sont grands, plus on voit de voitures particulières, moins les gens crachent partout, plus ils parlent anglais
- Les chinois hommes sont très curieux et contemplatifs : il ne faut pas être surpris qu’un ou plusieurs chinois soient penchés par-dessus nous en train de regarder ce qu’on fait
- L’honneur est essentiel en Chine. Ainsi, la pire chose qui puisse arriver à un chinois est de perdre la face. Couplé au fait que c’est chacun pour soi, on arrive à des comportements tels que : comme un chinois ne peut pas faire remarquer à un autre (ce serait lui faire perdre la face) qu’il fait du bruit, qu’il est impoli, qu’il a grugé tout le monde au guichet, etc., il doit faire pire que lui (parler encore plus fort pour se faire entendre, être tout aussi impoli, lui passer devant dans la queue, etc.). C’est un cercle vicieux.
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