23/09/2013 - Dans les lits des rivières du Kaokoland, jour 3 : Purros – Orupembe

Publié par Nous, le 2 Octobre 2013

Purros fait un peu village au milieu de nulle part. Ça nous parait assez isolé pour espérer tenter une visite authentique d'un village traditionnel Himba. A Purros, tout le monde est Himba, mais certains vivent dans le village moderne et ont abandonné le mode de vie ancestral, tandis que d'autres habitent toujours des "kraals" (petit village ceint d'une barrière de branchages épineux) et ont conservé une vie traditionnelle. Les Himbas, contrairement aux Héréros, ont toujours refusé de se plier aux règles des colons qui voulaient des populations vêtues et présentables. C’est à la fois un peuple rejeté par le système et un peuple de résistant. Ils seraient actuellement entre quinze et vingt mille dans le Kaokoland et sans doute autant du côté de l’Angola. Plus d’info sur http://www.association-kovahimba.net/articles/mieux-connaitre-les-himbas/

Un guide du camp communautaire nous accompagne dans un "kraal" Himba traditionnel, à 5km du village moderne. Comme à tous les Himbas, on lui a arraché ses deux incisives du haut et limé celles du bas en V. Tous les habitants du kraal sont membres d'une même famille. Chaque petite case abrite un couple d'adulte et jusqu'à deux jeunes enfants. On nous explique qu’elles sont faites de terre et de bouses de vache supportées par une armature de branchages. Sur le sol est jeté une peau de vache qui sert de matelas, et le chauffage est assuré par le dépôt de braises à l'entrée (ou l'intérieur quand il fait trop froid).

Lors de notre passage, il n'y a que des femmes et des jeunes enfants : les enfants plus grands sont à l'école et les hommes sont partis dans les montagnes pour faire paître les chèvres et vaches. La richesse d’un Himba se mesure à la taille de son troupeau, qui est sacré. En ce moment, en saison sèche, il faut mener les animaux loin et donc s'absenter plusieurs jours car il n'y a plus rien autour de Purros. Caractéristique des Himba : les femmes s'enduisent d'un mélange rouge de roche hématite, de terre et de beurre (qu'elles achètent) pour se protéger du soleil et du froid et des insectes. Les hommes ne le font pas, ils ont d’ailleurs une bonne blague pour expliquer ça : notre guide nous explique que comme ils dorment avec les femmes, quand ils se lèvent le matin, leur corps est tout enduit ! La vie des Himba, le passage d’un âge à un autre, est marquée par des rites, et leur apparence est extrêmement codifiée (nombre de tresses, bijoux , vêtements, etc). On découvre d'ailleurs leurs nombreux bijoux, essentiellement faits de métal et d’œufs d'autruche ou encore leurs vanneries qui peuvent être rendues étanches pour conserver l'eau.

23/09/2013 - Dans les lits des rivières du Kaokoland, jour 3 : Purros – Orupembe
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23/09/2013 - Dans les lits des rivières du Kaokoland, jour 3 : Purros – Orupembe

Après cette visite, on reprend la route pour Orupembe. La piste principale menant de Purros à Orupembe est très mauvaise, et tout le monde recommande de plutôt suivre les lits des rivières Hoarusib et Khumib. Comme les jours précédents, on part donc dans le lit même de la rivière, plus facile à suivre que des éventuelles pistes sur les bords qui peuvent se perdre à tout moment. Mais le lit de l'Hoarusib est très sableux. La voiture galère pour avancer, et consomme un max ! David tente d'en sortir pour rejoindre un terrain plus dur. Malheureusement, la berge est trop abrupte et sableuse, on n'a pas assez d'élan pour pouvoir la monter. Malgré une tentative de retour dans le lit de la rivière, on n'évite pas l'ensablement. Un vrai de vrai. Même en dégonflant et en utilisant les plaques de désensablement, la voiture s'arrête quelques mètres à peine après avoir quitté les plaques. Il est midi, il fait chaud quand on creuse le sable en plein soleil ! Un jeune garçon qui garde des chèvres non loin de là vient nous aider. A la machette, il coupe des rameaux entiers d'un arbuste et nous construit un chemin un peu plus long que nos plaques. Au bout de 4 tentatives, on finit par arriver à reprendre assez d'élan pour rouler jusqu'à une zone plus ferme. Au moins une heure est passée, mais nous voilà tirés d'affaire. On remercie le garçon, lui donne un coca bien frais, de la viande séchée et un T-Shirt dont on n'a plus usage. Il nous guide vers une meilleure piste qui reste sur la berge de la rivière. On s'arrête pour un ultime remerciement et lui demander son nom. Erreur, on s'ensable à nouveau ! Mais heureusement, cette fois, on s'en sort en un coup.

Le reste du trajet se passe sans encombre, mais on trouve les paysages moins beaux que les jours précédents. On arrive à Orupembe en fin d'après-midi. C'est tout petit, il n'y a pas grand-chose, et surtout pas de camping communautaire. Le plus proche est à 25km en direction de Marienfluss, la vallée sans doute la plus reculée et la plus isolée de Namibie. Mais on a décidé de ne pas y aller : ça fait déjà 3 jours qu'on sillonne les pistes de la région sans avoir de casse, la conduite tout-terrain demande une attention continue et on commence à fatiguer. On ne veut pas tenter le diable. Surtout que Marienfluss, c'est pas du gâteau. Il y a 3 chemins pour s'y rendre : un franchement délicat avec un col très pentu et caillouteux, un second moins difficile, mais avec tout de même un passage montagneux délicat qu'il ne vaut mieux pas entreprendre seul, notamment en cas de blocage ou de pépin mécanique, et un dernier a priori sans difficulté majeure mais plus long si bien qu'on risquerait de ne pas avoir assez d'essence pour rejoindre la prochaine station-service. Du coup, on n'a aucune raison de rouler 25km de plus.
On s'installe dans le lit de la rivière Khumib à quelques kilomètres d'Orupembe pour une nouvelle nuit de camping sauvage, après avoir demandé à une femme d'Orupembe si ça ne posait pas de problème. Notre nuit est perturbée par l'orage qui gronde au loin. On n'est pas tranquille, dans le lit de la rivière. Heureusement, l'orage est vers l'aval. Il n'y a pas de risque que la rivière se mette à couler, on peut finir notre nuit sans avoir à déménager.

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