15/10/2013 - 30 ans à Lüderitz

Publié par David, le 27 Octobre 2013

Après une des plus mauvaises nuits de notre voyage, le vent retombe lentement et nous reprenons la route avec nos deux compagnons de voyages, Clotilde et Pec, direction la petite ville de Lüderitz au bord de l'océan Atlantique. Comme à Swakopmund, on retrouve la fraîcheur, mais le ciel est ici tout bleu. Une coupure d'électricité prive la ville de courant depuis hier, suite à "a hell of a storm" - comme nous le répète le gérant du backpacker de la ville - qui est remontée depuis Durban. Tant pis, on n'aura pas d'eau chaude, mais un bon lit sera déjà bien pour récupérer de la nuit précédente. Clotilde & Pec se laissent aussi tenter et annulent la seconde nuit au camping d'Aus prévue dans leur programme initial.

On passe le début d'après-midi à faire le tour de la péninsule au Sud de la ville. Rien d'extraordinaire, mais la côte très rocailleuse est jolie. Et puis après le désert et la chaleur, ça fait du bien de voir l'océan, il fait frais, ça revigore. On voit quelques flamands roses, des otaries et ... des pingouins ! Ou plus exactement des manchots du cap. Eh oui, c'est pas tous les jours qu'on peut rencontrer des « pingouins » en Afrique !! Un beau souvenir pour Fanny, le jour de ses 30 ans. J’apprends à l’occasion que les pingouins, ça vole, et les manchots, non. Ceux-là ne volent pas, donc. Un simple bras de mer nous sépare de l'île où ils déambulent. On les observe aux jumelles depuis la côte : vu la température de l'eau et les probables courants qui doivent baigner cette côte déchiquetée, la traversée paraît impossible sans bateau.

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Le soir, on déambule au hasard dans la ville, à travers les maisons aux façades toutes plus colorées les unes que les autres. Avec le coucher de soleil c'est vraiment agréable. On trouve beaucoup de charme à cette petite ville tranquille accrochée aux rochers.
Nous enchaînons sur un repas au Ritzi's, un restaurant réputé de la ville – histoire de fêter une nouvelle fois l’anniversaire de Fanny – comme quoi on peut avoir 30 ans deux fois. Mais avec la coupure d'électricité, c'est un peu difficile ... la carte est réduite au minimum, sans patate (malheur !), et il ne sera pas possible de goûter à la spécialité du coin, le Eisbein, un espèce de plat énorme à base de porc que si tu le finis tu es un héros. Et étant donné les circonstances, c'est dîner aux chandelles de rigueur ! On poursuit ensuite la soirée au resto-bar Barrels pour le dessert, le choix au Ritzi's étant quasi-nul. Après cette petite tournée de la vie nocturne de Lüderitz, on rentre au backpacker pour une bonne nuit terminant une belle journée.

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Le lendemain matin, Clotilde et Pec nous quittent à nouveau, pour le Fish River Canyon où on doit les retrouver le surlendemain. Oui, on ne peut plus se quitter ! Nous, on reste un peu plus pour visiter Kolmanskop, une ville fantôme fondée à l’époque de l'exploitation diamantifère et aujourd'hui reprise par le désert.
Avant la visite, on tente un rapide ravitaillement. Mais la coupure d'électricité qui dure depuis déjà 2 jours a fait des ravages dans le supermarché de la ville : ça commence à bien sentir dans les vitrines frigorifiques, pas de viande, pas de pain, les laitages qui tournent ...

Kolmanskop se situe à quelques kilomètres à l'Est de Lüderitz sur la ligne de chemin de fer construite en à peine 10 mois par les allemands (pour comparaison, elle est en travaux de rénovation depuis 10 ans !). C'est la construction de cette voie ferrée qui a amené à la découverte de diamants sur le site, en 1908. La nouvelle s'est très vite répandue, Lüderitz s'est alors vidée de ses habitants et Kolmanskop est devenue une vraie ville qui a compté jusqu'à 1200-1300 habitants. Elle a eu l'électricité dès sa création, importait l’eau potable du Cap à 1000 km, et avait son propre hôpital et son école. La ville était même dotée de détecteurs rayons X – les premiers sur le sol africain - qui étaient loin d’être réservés uniquement à un cadre médical : ça permettait surtout de scanner le personnel pour vérifier qu'aucun diamant n'était sorti frauduleusement de la mine ! Des visites guidées gratuites intéressantes sont proposées pour expliquer tout ça ainsi que la vie de l'époque. On découvre notamment l'usine à glace, nécessaire pour maintenir frais les "frigos" de l'époque. L'intérêt du site tient aussi au charme et aux perspectives qu'offrent les maisons abandonnées envahies par le sable.

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Après un repas de midi laborieux dans un café de Lüderitz toujours handicapée par l'absence d'électricité, on reprend la route vers l'Est en visant pour ce soir une bonne chambre avec eau chaude. Mais au bout de quelques kilomètres sur l'excellente route goudronnée qui va vers Keetmanshoop, la voiture se met à tanguer. On s'arrête pour entendre notre second pneu arrière fuir bruyamment. C'est la deuxième crevaison en moins de 48h, on est super content ! Heureusement, en changeant la roue, on constate que la fuite vient d'un petit trou bien net genre épine ou clou, et que le pneu sera réparable. On n'aura donc pas à en racheter un. Par contre, on se demande bien pourquoi on a crevé là, sur la seule route goudronnée qu'on ait pratiquée depuis plus de 3 semaines !

Avec tout ça, l'heure est bien avancée. On a juste le temps de rejoindre Keetmanshoop avant la nuit. Depuis le début du voyage, le nom de cette ville faisait rêver David. A raison, car on y passe une excellente nuit dans une super chambre mignonne et confortable du Bed&Breakfast le Gessert’s. Le clou du spectacle c’est le perroquet de la demeure, très amusant, au vocabulaire certes limité, mais décliné sous toutes les nuances : « AllÔoo », « coucou » et bizarrement, « Alibaba » … qui, on le comprendra, est son nom.

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